Accueil Date de création : 08/11/08 Dernière mise à jour : 11/10/20 22:36 / 1313 articles publiés

Villes Mortes...  (SA TERRE EN LIGNE) posté le jeudi 20 octobre 2011 22:30

Blog de mandragaure :DES PETITS BOUTS DE MOI TOUS COLLES ENSEMBLE ..., Villes Mortes...

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Dans les «Villes Mortes»

 

Autour de Fukushima

 

Publié sur le blog de

 

Marc Lafontan

 

Quebec - Canada

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Marc Lafontan

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"Vallées où se succèdent rizières et vergers, les alentours de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima sont une région connue pour ses cultures biologiques et son écotourisme.

 

"Mais entre Iitate, au nord, et Hirono, au sud - soit une bonne centaine de kilomètres -, beaucoup de villages et de hameaux sont désertés.

 

"Maisons fermées, étables vides, serres à l'abandon.

 

"La végétation gagne l'asphalte des routes de campagne.

 

"Parfois, on croise un chien errant ...

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(Lire la Suite)

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Publié par Marc Lafontan et publié en direct sur Gaia

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MandraGaure

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Joie... Des Fois...  (SON JOURNAL A 16:00) posté le jeudi 20 octobre 2011 14:27

Blog de mandragaure :DES PETITS BOUTS DE MOI TOUS COLLES ENSEMBLE ..., Joie... Des Fois...

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Par delà les nuages...

Loin de là...

Au delà...

Des illusions, des mirages,

La Joie...

La Joie...


Pas toujours ni d'avantage...

Mais quelquefois, oui, parfois...

Exorcisant les naufrages

La Joie...

La Joie...


De confusion à rêve,

Et plus loin...

Et plus haut...

Dans une communion trop briève,

La Joie...

La Joie...


De désillusions à espoirs

Et encore...

Et toujours...

Comme une étrange alchimie,

La Joie...

La Joie...


D'une intense mouvance,

Loin en moi,

Pas toujours mais quelquefois

En sa force tranquille j'y crois...

A la Joie...

A la Joie...

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MandraGAure

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Un jour ...  (SES LECTURES) posté le mardi 27 septembre 2011 20:41


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...Comme les autres...

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Blog de mandragaure : DES PETITS BOUTS DE MOI TOUS COLLES ENSEMBLE ..., Un jour comme les autres...

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1920

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C'était un jour comme les autres ;

ce jour me montrait ses dents ;

des dents me tenaient moi aussi

...et je ne pouvais m'en arracher ;

je ne savais pas comment elles me tenaient,

car elles n'étaient pas serrées ;

je ne les voyais pas non plus

dans les deux rangées de la dentition,

mais juste quelques-unes ici,

d'autres là.

Je voulais m'accrocher à elles et puis m'élancer,

mais je n'y parvenais pas...

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Franz Kafka

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L'Oraison Funèbre  (SES LECTURES) posté le samedi 03 septembre 2011 17:53

Blog de mandragaure :DES PETITS BOUTS DE MOI TOUS COLLES ENSEMBLE ..., L'Oraison Funèbre

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HERTA MÜLLER

Prix Nobel de Littérature 2009,

Vous connaissez ?...

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Ci-dessous, lisez ...

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A la gare, les membres de la famille marchaient le long du train dans un nuage de vapeur. A chaque pas, ils remuaient leur bras en l'air et faisaient des signes.

Un jeune homme était debout derrière la vitre du train. Celle-ci lui arrivait au niveau des bras. Il tenait un bouquet de fleurs blanches abîmées contre sa poitrine. Son visage était figé.

Une jeune femme portant un enfant insignifiant sortait de la gare.

La femme était bossue.

Le train partait pour la guerre.

J'éteignis le téléviseur.

Père était allongé dans un cercueil au milieu de la pièce. Il y avait tellement de photographies accrochées aux murs qu'on ne voyait plus le mur.

Sur une photographie, Père était deux fois plus petit que la chaise à laquelle il se tenait.

Il était vêtu d'une robe et ses jambes étaient courbes et pleines de plis de graisse. Sa tête avait la forme d'une poire et était chauve.

Sur une autre photographie, Père était fiancé. On ne voyait que la moitié de sa poitrine. L'autre moitié était un bouquet de fleurs blanches abîmées que Mère tenait dans la main. Leurs têtes étaient si proches l'une de l'autre que les lobes de leurs oreilles se touchaient.

Sur une autre photographie, Père se tenait bien droit devant une clôture. Sous ses chaussures hautes il y avait de la neige. La neige était si blanche que Père se tenait dans le vide. Sa main était suspendue au-dessus de sa tête, dans un geste de salut. Sur le col de sa veste il y avait des runes.

Sur la photographie d'à côté, Père tenait une houe sur l'épaule. Derrière lui il y avait un pied de maïs qui se dressait dans le ciel. Père avait un chapeau sur la tête. Le chapeau formait une ombre large et cachait le visage de Père.

Sur la photographie suivante, Père était assis au volant d'un camion. Le camion était chargé de bœufs. Père conduisait chaque semaine les bœufs à l'abattoir. Le visage de Père était maigre et avait des traits durs.

Sur toutes les photographies, Père était figé en train de faire un geste. Sur toutes les photographies, Père avait l'air d'être quelqu'un qui ne savait plus quoi faire. Mais Père savait toujours quoi faire. C'est pourquoi toutes ces photographies étaient fausses. Avec toutes ces fausses images, avec tous ces faux visages, il avait commencé à faire froid dans la pièce. Je voulais me lever de ma chaise, mais ma robe était restée gelée sur le bois. Ma robe était transparente et noire. Quand je bougeais, il y avait un crissement. Je me levai et touchai le visage de Père. Il était plus froid que tous les objets dans la pièce. Dehors, c'était l'été. Les mouches laissaient tomber leurs asticots en volant. Le village s'étendait le long du large chemin de sable. Celui-ci était chaud et brun, et son éclat brûlait les yeux.

Le cimetière était fait d'éboulis. Sur les tombes il y avait de grosses pierres.

Lorsque je regardais vers le sol, je voyais que les semelles de mes chaussures étaient tournées vers le haut. J'avais marché tout le temps sur mes lacets. Ils étaient derrière moi, longs et épais. A leurs extrémités ils se rejoignaient et formaient des boucles.

Deux petits hommes chancelants soulevèrent le cercueil du corbillard et le plongèrent dans la tombe avec deux cordes usées. Le cercueil se balança. Leurs bras et leurs cordes ne cessèrent de s'allonger. Malgré la sécheresse, la tombe était pleine d'eau.

Ton père a beaucoup de morts sur la conscience, dit un des petits hommes ivres.

Je dis : C'était pendant la guerre. Il a reçu une décoration pour vingt-cinq morts. Il a ramené beaucoup de décorations.

Il a violé une femme dans un champ de betteraves, dit le petit homme. Avec quatre autres soldats. Ton père lui a enfoncé une betterave entre les jambes. Lorsque nous sommes partis, elle saignait. C'était une Russe. Après cela nous avons appelé pendant des semaines toutes les armes des betteraves.

C'était à la fin de l'automne, dit le petit homme. Les feuilles de betterave étaient noires et recroquevillées par le gel.

Ensuite, le petit homme porta une grosse pierre sur le cercueil.

L'autre petit homme ivre continua :

L'année suivante nous sommes allés dans une petite ville allemande à l'opéra. La chanteuse chanta d'une voix si stridente, comme la Russe avait crié. Nous avons quitté la salle en passant dans la rangée. Ton père est resté jusqu'à la fin. Après cela il appelé pendant des semaines toutes les chansons es betteraves et toutes les femmes des betteraves.

Le petit homme but du schnaps. Cela glougloutait dans son ventre. J'ai autant de schnaps dans le ventre qu'il y a d'eau dans les tombes, dit le petit homme.

Ensuite, le petit homme porta une grosse pierre sur le cercueil.

A côté d'un crucifix blanc en marbre se tenait l'orateur. Il vint vers moi. Il avait ses deux mains enfoncées dans les poches de sa veste.

L'orateur avait une rose de la taille d'une main à sa boutonnière. Elle était en velours. Quand il fut à côté de moi, il tira une main de sa poche. C'était un poing fermé. Il voulait tendre les doigts, mais ne pouvait pas. La douleur faisait enfler ses yeux. Il commença à pleurer doucement.

En temps de guerre, on ne se comprend pas entre compatriotes, dit-il. Ils ne se laissent pas commander.

Ensuite, l'orateur porta une grosse pierre sur le cercueil.

Un homme corpulent se mit à côté de moi. Il avait une tête en forme de gourde et pas de visage.

Ton père a couché pendant des années avec ma femme, dit-il.  Il m'a fait chanter quand j'étais ivre et m'a volé de l'argent.

Il s'assit sur une pierre.

Alors une femme sèche et ridée vint vers moi, cracha par terre et me lança « pouah ».

L'assemblée funèbre se tenait de l'autre côté de la tombe. Je regardai vers le bas et fus effrayée, car on voyait ma poitrine. J'étais gelée.

Tous avaient leurs yeux dirigés vers moi. Ils étaient vides. Leurs pupilles dardaient derrière leurs paupières. Les hommes avaient des fusils pendus à leurs épaules, et les femmes agitaient leurs rosaires.

L'orateur triturait sa rose. Il lui déchira un pétale rouge sang et le mangea.

Il me fit un signe de la main. Je sus que je devais maintenant faire un discours. Tous me regardaient.

Aucun mot ne me vint. Les yeux me montèrent à travers la gorge jusqu'à la tête. Je mis ma main à la bouche et me mordis les doigts. Au dos de ma main on vit les taches de mes dents. Mes dents étaient brûlantes. Des commissures de mes lèvres s'écoula du sang sur mes épaules.

Le vent avait arraché une manche de ma robe. Légère comme un souffle et noire, elle flottait en l'air.

Un homme posa sa canne contre une grosse pierre. Il mit son fusil en joue et tira sur la manche. Lorsqu'elle tomba devant mon visage, elle était pleine de sang.

L'assemblée funèbre applaudit.

Mon bras était nu. Je sentais comme il se pétrifiait au contact de l'air.

L'orateur fit un signe. Les applaudissements cessèrent.

Nous sommes fiers de notre communauté. Nos valeurs nous préservent du déclin. Nous ne nous laissons pas insulter, dit-il. Nous ne nous laissons pas calomnier. Au nom de notre communauté allemande, tu es condamnée à mort.

Tous dirigèrent leurs fusils vers moi. Dans ma tête il y eut une détonation assourdissante.

Je tombai sans toucher le sol. Je restai allongée en l'air, de travers au-dessus de leurs têtes. En silence j'ouvris les portes. Ma mère avait vidé toutes les chambres.

Dans la chambre où le corps avait été exposé, il n'y avait qu'une longue table. C'était une table d'abattage. Dessus, il y avait une assiette blanche qui était vide et un vase avec un bouquet de fleurs blanches abîmées.

Mère avait une robe noire transparente. Elle avait un grand couteau dans la main. Mère s'avança devant le miroir et, avec le grand couteau, coupa sa natte épaisse et grise. De ses deux mains, elle la porta jusqu'à la table. Elle la posa en mettant un bout dans l'assiette.

Je resterai en noir toute ma vie, dit-elle.

Elle alluma la natte à un bout. La natte était étendue sur toute la longueur de la table. Elle brûla comme une mèche. Le feu léchait et dévorait.

En Russie, ils m'ont tondue. C'était la punition la moins grave, dit-elle. J'avais tellement faim que je chancelais. La nuit je me traînais jusqu'à un champ de betteraves. Le gardien avait un fusil. S'il m'avait vu, il m'aurait tuée. Il n'y avait pas un bruit dans le champ. C'était à la fin de l'automne, et les feuilles de betterave étaient noires et recroquevillées par le gel.

Je ne vis plus Mère. La natte brûlait encore. La pièce était pleine de fumée.

Ils t'ont tuée, dit ma mère.

Il y avait tellement de fumée dans la pièce qu'on ne se voyait plus.

J'entendais ses pas juste à côté de moi. Les bras étendus, je la cherchais à tâtons.

Elle accrocha tout à coup sa main osseuse dans mes cheveux.

Elle secoua ma tête. Je me mis à crier.

J'ouvris les yeux. La chambre pivotait. J'étais dans une boule de fleurs blanches abîmées, enfermée.

Alors j'eus le sentiment que l'immeuble se renversait et se vidait dans le sol.

Le réveil sonna. On était samedi matin, il était cinq heures et demie.

Première mise en ligne le 15 décembre 2009

© Herta Müller _ 2 décembre 2010

 

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Sans doute ...  (SON JOURNAL A 16:00) posté le lundi 22 août 2011 21:27

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Créations d'Albert Legrand-Durien (ALD)

Et de Philippe Sarty (PS),

Artistes humanistes

Aux orientations pluridisciplinaires,

a la recherche du réalisme émotionnel...

Ils utilisent des techniques mixtes

(dessin et photographie)

Communément appelées POG

(PhotOrdiGraphie).

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Sans doute que par inadvertance des fois je me demande ce que je fais là ... 

Par inadvertance dis-je parce que de toute façon on n'a pas vraiment trop le choix et que par conséquent la question en elle-même n'a pas vraiment de sens voilà ...

 

Sans doute aussi me dis je que si j'avais dès le matin le goût du voyage dans l'existence comme il en était autrefois, je veux dire avant ces temps de maintenant où je ne me retrouve plus, sans doute oui que mes matins auraient d'autres couleurs ...  Mais ce goût, c'est affolant de le constater, je l'ai perdu ... 

Ou alors il m'échappe ... 

Sans doute je me pose ces questions mais c'est à nouveau par inadvertance parce que de toute façon et une fois de plus je n'ai guère le choix ...

 

Ce sera, comme je sens que vont les choses, ce sera quitte ou double, perd ou gagne, saute ou reste, crève ou vis ! 

C'est exactement là que j'en suis !

 

Sans doute ...

 

Chaque matin pareillement depuis maintenant déjà un bon bout de temps je me sens paralysée ...  J'ouvre les yeux avec juste le goût de les refermer ...  Et j'ai bien du mal à m'y retrouver ni même à m'y comprendre car cela de jamais ne me fut coutumier ...

Sans doute ...

C'est là un état que je ne parviens pas à gérer puisqu'il faut bien le dire dans tout le parcours de mon existence cela n'est arrivé chose pareille, aussi forte, aussi dévastatrice, aussi profondément touchée non jamais jusqu'à il y a peu je ne l'ai été et même dans le profil de ma personne selon ce que je pourrrais dire que j'en connais cela ne lui correspond absolument pas ...

Sans doute ...

Et donc je me demande où j'ai bien pu aller la pêcher cette espèce de maladie là ...  Je me trouvais pas mal bien avec ma personne jusqu'à il n'y a pas si longtemps et voilà que tout dégringole vers le sol et pire même puisqu'il y a dans les airs comme des relents aux parfums de néant ... 

Certes mon histoire de vie n'est pas de celle que l'on dira facile à traverser mais toujours je parvenais à louvoyer entre les récifs et l'effroi et je trouvais tout autant que courage en moi enthousiasme, bonheur, rire, joie ...

Sans doute ...

Sans doute me dis-je que de toutes les manigances dont mon mental de ces temps me fait souffrir il y a l'inélégance des émois et l'impertinence des incapacités à ne faire que de mon seul moi pour m'y retrouver encore que se passe-t-il mais que se passe-t-il c'est ma question quotidienne et je n'y trouve pas de réponse qui me satisfasse ...

Sans doute ...

Je m'entends me répondre que je ne sais pas ...

 

C'était cette réflexion là que je me faisais en me réveillant j'en suis là ...  

Sans doute ...

Ce qui se passe dans ma vie de ces temps, dans son curieux développement oui sans nul doute cela est mystérieux et inquiétant ... 

Car je ne me reconnais plus non plus du tout de ces temps ... 

Et cela me fait peur ... 

Oui, j'ai peur ...

Je nage et surnage à la fois, je ne suis pas bien avec moi et c'est justement ça qui ne va pas puisque comme seule compagnie de vie je n'ai que moi et donc mieux vaudrait au moins m'entendre avec moi-même et c'est là que ça ne va pas ...

Non, c'est là que ça ne va plus du tout ...

 

Alors que jusqu'à il n'y a pas si longtemps de cela moi et moi nous parvenions à faire ensemble et à triompher des écueils ... 

Là je suis devenue bizarre, presque méconnaissable, je traine mon mal à être comme un épave derrière moi et cela ne me ressemble pas ...

Qu'est ce que c'est que ça ?

 

Sans doute ...

Il convient je le crois de me poser cette très sérieuse question vu que sinon il me semble que je risque de passer par le fond ... 

Les signes sont clairs !

Sans doute ...

Je ne parviens plus à coller à mon être ...

C'est assez curieux, c'est très désarçonnant et inquiétant aussi ça l'est d'autant que cela n'a pas toujours été comme ça et donc je plane en plein inconnu d'un être que je découvre comme étrangère à moi alors qu'il y aura bientôt un demi siècle que je la cotoye ...

 

Sans doute que je ne la connaissais pas  ...

Sans doute ...

 

En tous cas elle m'en fait de belles, elle me fait des difficultés que je ne lui connaissais pas, elle refuse d'avancer, elle reste clouée comme si on lui avait mis les bras en croix, elle souffre d'une sorte d'inertie, quelque chose d'étrange et de tout à fait inédit et voilà, il y a quelques mois que cela s'est mis en route un peu insidieusement et depuis plusieurs semaines à présent c'est ce rythme là qui s'impose comme si elle, donc moi, était soumise  à un raz de marée de vicissitudes internes sur lesquelles elle n'a ni prise ni puissance, et moi je la regarde faire et ne rien faire et tourner en rond dans sa tête mais enfin bon qu'est ce donc que cela ?

 

Sans doute ...

Elle a perdu son âme quelque part en chemin ...

Non elle ne l'a pas perdue non ce n'est pas cela...

Elle a cédé ... 

Non qu'elle n'en avait cure non ni non plus non qu'elle n'en aie plus non mais elle s'est rompue ... 

Petit à petit d'abord sans crainte elle s'est entrebaillée elle a complètement cédé oui c'est vrai et sans même se rendre compte elle a renoncé parce que c'était tout juste cela qu'elle craignait  elle a basculé d'un geste immense et absolu elle a chûté dans le vide ...

Et elle ne peut faire reproche à personne puisque rien de cela ne lui fut demandé sont âme s'est brisée d'une déchirure intense immense elle s'est même arrachée hors d'elle s'est donnée en gage  s'est transformée en otage d'une libération ... 

Elle l'a laissé enfermée juste parce que là où elle l'a quittée elle voulait qu'elle puisse rayonner et donc elle n'a rien à reprocher ni rien à réclamer ... 

Elle ne veut pas la reprendre elle ne veut pas qu'on vienne le lui rendre elle voudrait juste qu'elle soit bien traitée et qu'elle puisse donner d'elle-même le meilleur là où elle est à présent puisque c'est pour cela sans même réfléchir sans même hésiter sans même penser qu'elle l'a laissée filer ...

Parce que sans doute oui la chose est claire c'est ce qu'elle désirait et d'ailleurs pour tout dire et même si c'est cela qui pourrait paraître le pire pour elle c'est le meilleur et le mieux elle ne veut pas la reprendre et même elle sent et sait et croit et veut que là où elle l'a laissée surtout oui surtout elle voudrait tant qu'il puisse y rester ...

C'est son rêve ...

Sans doute ...

Mais qui ne peut la tuer ...

 

Ce matin je me demandais comment faire pour trouver un compromis entre cette décision résultant d'un choix, d'un sentiment hors du commun, et d'une joie et de la nécessité tout de même de continuer à vivre une vie qui vaille qu'elle y conserve le goût de suivre encore un peu le rythme constructif dans lequel elle n'irait pas se casser la figure par faute de ne plus ressentir en elle le désir d'avancer, d'évoluer, d'être oui c'est cela ...

 

Sans doute ...

Comme de dire presque que la fuite de son âme l'aurait dépouillée de se faire encore don d'elle même à elle même avec coeur ...

Sans doute ...

C'est compliqué ...

Oui je dis sans doute parce que c'est tout cela qui fait doute vu que je suis nettement en perte de vitesse et à plusieurs longueurs en arrière de ce que je me sais capable de faire et de vivre et de suivre ...

 

Sans doute ...

C'est là qu'est le vrai danger ...

Et comment je me le demande du matin au soir depuis tant de semaines, comment le contrer ...

 

Je ne sais pas ... 

En vérité ... 

Je ne sais plus ...

J'avoue, oui sans doute oui que je me sens perdue ...

 

 

Mandragaure

 

 

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